La formule du bonheur

Nombreux sont les français qui ont la conviction de connaître la meilleure façon de régler l'ensemble des problèmes économiques ou sociaux qui sont à l'origine de la perturbation de leur vie quotidienne. Chacun est convaincu des moyens et des méthodes à appliquer pour élever le niveau de vie et le bien être de tous et surtout d'eux mêmes. Toutefois, la conviction des uns et des autres ne semble pas pouvoir être rigoureusement soutenue face à une démonstration solide où les arguments économiques, financiers ou sociaux sont confrontés à des convictions fussent-elles profondes.

L'objectif de cette analyse est d'élaborer une théorie du bonheur qui associe à la fois les éléments économiques et les éléments sociologiques.
Nous partirons d'une définition de base qui est celle de la réussite individuelle: "Réussir sa vie, c'est réaliser progressivement un but qui tient à cœur" (c'est aussi de façon plus poétique le moment ou le rêve rejoint la réalité (ou l'inverse)). En effet que l'on soit un ermite volontaire ou un jeune cadre dynamique, si l'action quotidienne s'inscrit dans le cadre d'un objectif qui correspond à ses aspirations personnelles, chaque individu a alors la conviction et le plaisir de réussir sa vie.

Il y a différentes sortes de réussites :

a) les réussites matérielles : avoir une maison, un jardin; disposer du confort maximum; pouvoir réaliser ses rêves, ses loisirs, faire du bateau, de la photo, etc…

b) les réussites familiales : avoir des enfants en bonne santé; vivre en parfaite harmonie de couple….

c) les réussites spirituelles : aimer ou être aimé; faire un métier qui plaît; être en accord avec ses aspirations; dominer un groupe industriel ou siéger dans un centre de décisions politiques….

Il y a aussi des combinaisons entre les différents centres d'intérêt, mais dans tous les cas et quelle que soit la forme de réussite personnelle, le résultat correspond à la formulation donnée plus haut : "Réussir sa vie, c'est réaliser progressivement un but qui tient à cœur".
L’intégration du mot «progressivement» a son importance. En effet, quelle serait la suite d’une vie pour un individu qui aurait atteint tous ses objectifs ?
Par ailleurs, avec le temps, suivant les âges et l'environnement, les objectifs et les aspirations personnelles peuvent varier et évoluer.

Le bonheur national brut :

Cette définition étant acceptée et reconnue, il est possible alors de définir la réussite globale d'un peuple. En effet, à un instant "t", la réussite de l'ensemble d'un groupe correspond à la somme des réussites des éléments qui composent ce groupe.
à t = t1 B = Sommes(Ri)
(où B = Niveau de Bonheur Collectif; R = Réussite; l'indice i pour désigner chaque élément du groupe.)
A un instant t, la réussite de l'un peut être nulle, totale ou même parfois supérieure aux aspirations de son bénéficiaire, mais quel que soit le type d'objectifs personnels, il est possible de transformer chaque résultat personnel en unités de valeurs, ces unités de valeurs pouvant être elles mêmes transformées en équivalent travail. En effet, dans tous les cas il faudra inclure dans la réalisation progressive, les notions de "manger à sa faim", de "dormir au chaud", éventuellement "assurer sa sécurité"!
Il est possible de transformer le niveau de réussite en unités de valeurs physiques correspondant à des temps de travail ou à des équivalents d'heures de travail obtenus par l'échanges de services. Supposons qu'un adorateur de Dieu (pris dans son sens large) se contente de prières et de contemplations, il lui faudra assurer un minimum de travail pour garantir son gîte et son couvert. Un tel minimum vital a un coût qu'il est possible de chiffrer en équivalents d'heures de travail. Ces équivalences dépendront bien entendu du lieu et de l'environnement (pays tropicaux; pays développés…)
Le niveau de réussite global correspond donc au rapport qui existe entre le nombre théorique d'heures de travail nécessaires pour assurer le bonheur de tous et le nombre effectif d'heures de travail réalisées. Plus ce rapport tends vers "un" plus le bonheur global tend vers l'absolu.
La démonstration par l'exemple est simple à analyser : imaginons un seigneur qui atteint ses objectifs au niveau spirituel. Ses objectifs matériels (dans la mesure où ces derniers correspondent à des objectifs réalistes) pourront être réalisés dès lors qu'un nombre suffisamment important de vassaux pourront travailler pour lui et lui apporter le fruit de leur labeur. Dans cet exemple, le bonheur de l'un ne fait pas toujours le bonheur des autres... Nous pourrions prendre un exemple entre un groupe appartenant à un pays riche qui exploite le temps de travail d'un autre groupe sous développé qui oeuvre pour une bouchée de pain afin de réaliser ce qui fera le bonheur des premiers.
Autre parallèle: ceux qui ont accès à une énergie à bas prix pourront disposer d’un plus grand nombre d’esclaves domestiques et industriels que ceux qui n’y ont pas accès.
On déduit tout naturellement deux types d'actions à mener pour assurer le bonheur d'un groupe : La première solution consiste à élever le niveau de spiritualité du groupe en diminuant la part d'objectifs matérialistes. Cette action, peut être très importante et relève du travail des philosophes, des religieux, des écologistes, ou de tout groupe qui souhaite promouvoir l'esprit avant la matière, la compensation avant la consommation.
La deuxième solution pour assurer le bonheur d'un groupe consiste à augmenter la production par l'augmentation des heures de travail ou de leurs équivalents en termes de résultats, c'est à dire la productivité. En effet, augmenter le nombre d'heures de travail diminuerait, pour la plupart des individus, le sentiment d'accomplissement qui ne passe pas nécessairement par le temps passé au labeur.
C'est sur cette deuxième solution que nous allons poursuivre la démonstration :
à t = t1
B = Sommes(Ri)
B = Sommes(Wj) Wj = résultat de la production réalisée par tous les actifs de J = 1 jusqu'à J = n où n= nombre d'actifs.

A noter, et c'est une évidence, que le nombre d'actifs est pratiquement toujours inférieur au nombre total de personnes composant l'ensemble du groupe.
La valeur absolue de la résultante du travail, dépend alors du nombre d'actifs et de la capacité de production de ces actifs.
On en déduit tout aussi naturellement, et c'est là une évidence pour un grand nombre d'initiés, que le niveau de bien être global dépend d'un coefficient "CP1" où le rapport entre le nombre d'actifs (n) et le nombre d'inactifs (m) doit être le plus proche de l'unité pour que le résultat du produit du travail soit important :· (Wj) = CP1.n/m + CP2. Une formule dans laquelleCP2 représente la capacité de production générée par l'équipement industriel qui lui même dépend directement de l’énergie disponible et de son coût.
En supposant que le nombre d'actif soit égal à 0, le produit C1.n/m = 0 et si toute la production industrielle était automatisée avec une énergie inépuisable et gratuite, CP2 pourrait tendre à une valeur suffisante pour assurer le nécessaire et pourquoi pas le superflu... mais là on s'éloigne de la réalité car il n'existe pas aujourd'hui de solutions énergétique inépuisable exploitée et par ailleurs la capacité de production de la terre a elle aussi ses limites en fonction du nombre de terriens.
Pour augmenter raisonnablement la capacité de production des hommes et des machines, nous pourrons agir sur deux éléments : le nombre d'actifs et le nombre de robots esclaves.
Dans la réalité et c'est là une carence de notre système économique, si les actifs sans emploi ne demandent qu'à travailler, les équilibres et les lois économiques et sociales actuelles ne permettent pas d'assurer une fonction à chaque agent économique capable de produire. D'où viennent ces dysfonctionnements quels sont les solutions à apporter ?
Il est assez regrettable que certaines personnalités du monde politique ou économique puissent parler de partage du temps de travail en proposant cette solution comme un moyen d'améliorer le niveau et la qualité de vie. La démonstration qui précède montre qu'il n'en est rien.
En fait des solutions concrètes et pratiques existent pour peu que l'on veuille bien les mettre en place et que l'on prenne en compte l'ensemble des problèmes qui se profilent à l'horizon : réchauffement climatique, épuisement des énergies fossiles, affectation durable des réserves halieutiques, pollutions endémiques, raréfaction de l'eau potable, poussée démographique...

La première de ces solutions pourrait se résumer en un slogan clair et simple : UN TRAVAIL adapté POUR TOUS; TOUS AU TRAVAIL..