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Une heure de vie d’un ouvrier vaut-elle moins qu’une heure de vie d’un médecin ? A l ‘évidence oui, même si l’ouvrier se défendra du contraire. Pourquoi ? C’est la rareté de la compétence qui crée la valeur d’un service. Bien souvent le savoir faire dépend d’une formation initiale qui donne le niveau de la compétence. A bac + 7 un médecin est plus valorisé qu’un bac + 3 qui lui même aura, dans l’administration par exemple, un niveau hiérarchique plus élevé que le titulaire d’un simple CAP.
Pour un grand nombre d’entre nous le niveau de revenus va dépendre très souvent du niveau de formation initiale. Comme dans l’armée il est très difficile de passer d’un grade de sous-officier à une statut d’officier.
Pourtant dans la pratique, il est souvent bien plus pénible de faire une heure de travail dans le bâtiment, dans une chaîne industrielle ou dans une blanchisserie que de développer une heure de travail en tant qu’enseignant, cadre supérieur ou chirurgien. Que ce soit intellectuellement ou physiquement les tâches ne sont pas comparables et bien souvent au désavantage de ceux qui gagnent moins bien leur vie. Les seconds se défendent de cette injustice en arguant le fait qu’ils ont justement effectué quelques années d’études supérieures… Pourtant, pourquoi les uns ont-ils pu bénéficier d’une formation qualifiante et pourquoi certains autres n’en ont t-ils pas bénéficié ? A l’origine et les statistiques le prouvent, c’est le milieu social qui favorise ou handicape un adolescent. Plus tard, ceux qui, par leurs capacités scolaires ont réussi à bénéficier d’une formation qualifiante vont profiter d’un outil de formation qui leur sera mis à disposition par la collectivité. Une année d’études universitaires coûte une petite fortune à la collectivité qui, ayant besoin de médecins par exemple, va décider de mobiliser un certain volume d’investissement pour pouvoir former ceux qui seront leurs futurs juges, ingénieurs, chercheurs… Il apparaît qu’à la fin de ses études, un juge correspond à un « prix de revient » important pour la collectivité. De son côté, chaque diplômé considère, à juste titre, que ses années d’études n’ont pas été rémunérées et qu’il doit pouvoir bénéficier d’un juste retour de son propre investissement et de son abnégation. Ce qui peut-être choquant, c’est l’attitude de jeunes diplômés qui, ayant bénéficié d’une formation importante, décident de partir et de rester à l’étranger pour exploiter les compétences acquises dans leur pays d’origine. Que penser par ailleurs d’un médecin ou d’un enseignant qui se lance dans la politique en jetant aux oubliettes quelques années d’études financées par la collectivité ? Il semble qu’il faudrait d’une part prendre conscience de la valeur et du coût des études et d’autre part de déterminer, dès le début d’un cursus scolaire, un pacte d’engagement réciproque. La filière d’enseignement s’engage à faire la meilleure formation possible et le bénéficiaire s’engage à financer ses études au juste prix de revient ou à restituer dans un mode à déterminer, le retour sur investissement au bénéfice de la collectivité. Ce retour sur investissement pourrait être alors vertueux car les centres de formation importants pourraient bénéficier d’un retour sur investissement permettant d’améliorer le développement de la qualité des formations. Comme pour toutes les propositons et suggestions majeures proposées dans le cadre du "réalisme", celle proposition doit obtenir l’approbation de la collectivité à travers un référendum dans lequel la question pourrait être : Les études et les formations financées par l’éducation nationale doivent elles faire l’objet d’un retour sur investissement au bénéficie de la collectivité ?
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