| Un jury de grève |
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| L\'emploi |
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Le gréviste est par définition un homme qui passe à l'action quand il cesse toute activité… Une incompatibilité économique qui se retourne contre les mutinés du travail tel un boomerang sur son lanceur. Qu'importe la raison, ceux qui risquent de perdre leur emploi s'accrochent en désespoirs des causes. Leur situation ne leur permet pas de voir la réalité en face. Lorsque la sécurité d'un individu est mise en défaut, celui-ci cherche la cause, le responsable, le bouc émissaire ! L'homme de la rue est convaincu du pouvoir des capitalistes et des multinationales qui font le jeu de la vie et de la mort sur une entreprise et ses employés. Il est difficile d'admettre que c'est le marché qui dicte ses lois et non pas les dirigeants d'une entreprise dont les seuls objectifs se limitent à gérer, développer et faire du profit. Il y a proportionnellement autant de patrons castrateurs, profiteurs ou malhonnêtes qu’il y a de syndicalistes de même qualification. En nombre les seconds seraient même plus nombreux. Pour qu'un sommet puisse monter, il est nécessaire que la base pousse et s'élève avec lui. On imagine aisément que si une seule partie de l'assise agit, il s'ensuit des déséquilibres qui menacent la stabilité de l'ensemble. Face à cette logique, les économistes se heurtent à ceux qui dénoncent l'exploitation de l'homme par l'homme et ceux qui dénoncent le contraire. Finalement c'est l'égoïsme, la peur, le protectionnisme, le corporatisme et l'individualisme qui décident certaines organisations syndicales à déclencher des grèves ou des mouvements contestataires. L'objectif étant de faire pression auprès des autorités pour maintenir coûte que coûte les structures et les acquis du passé ou pour conquérir, sans hautes luttes, mais avec des moyens de pression et de chantages démesurés, des avantages qui seront pris sans se soucier de l'environnement économique et des conséquences que ces acquis peuvent avoir sur les autres agents sociaux.Lorsqu'une entreprise décide l'implantation d'une usine dans un pays sous-développé afin de produire moins cher, ce sont certes les travailleurs nantis des pays industrialisés qui perdront un emploi, mais ce sont autant d'autres travailleurs étrangers en situation précaires, qui eux, en bénéficieront, permettant ainsi à leur pays sous-développé de rattraper son retard. Apparemment les multinationales qui ferment une usine ici pour en ré-ouvrir une autre là, en raison de prix de revient plus faibles, permettent, contrairement à ce que l'on pense, de mettre en place lentement mais sûrement, une remise à niveau des pays sous-développés dont le redéploiement industriel est nécessaire à la relance de l'économie mondiale qui est freinée par les trop grandes disparités entre les pays à marchés ouverts. Face aux pressions du marché, ceux qui risquent leur emploi n'ayant pas ou peu de possibilités de réinsertion professionnelles s'accrochent à ce qui leur reste en essayant de ralentir et de repousser l'inéluctable. Dans un tel contexte, faire une grève qui va à l'encontre de l’intérêt général ne fait qu'accélérer le processus et va à l'opposé de l'effet escompté. A côté de ceux qui se lancent dans des conflits sans lendemains qui chantent, d'autres font du chantage grâce à leurs moyens de pression. Les fonctionnaires ou assimilés, les employés des services publics et tous ceux qui occupent une position clé ou unique dans les rouages de l'économie, profitent de leur pouvoir pour contrôler leur présent et leur avenir. Le problème n'est pas de trouver les moyens de supprimer les avantages que les uns ont obtenus sur les autres, mais de donner la possibilité aux groupes plus faibles de rattraper leur retard. Or, chaque fois que les plus forts acquièrent un avantage supplémentaire, ce sont les plus faibles qui en subissent les conséquences, sans avoir la possibilité de compenser leurs arriérés sociaux.Les autorités ne peuvent qu'encourager les entreprises performantes à être les premières à faire bénéficier leur personnel d'innovations sociales. De leur côté, les salariés d'entreprises publiques ou en position de monopole ne devraient pas avoir la possibilité de jouer un rôle de leader dans la condition sociale. Ce ne sont jamais les administrations qui tirent les wagons puisque ce sont les entreprises et les particuliers qui financent les pouvoirs publics. Les locomotives, les idées, les brevets d'inventions sont élaborés en grande majorité par les individus ou par les entreprises. Laissons donc aux groupes privés et concurrentiels, le soin d'élever les niveaux de rémunération correspondant au marché et aux exigence du marché. Si ce sont les monopoles et les administrations ou assimilés qui fixent ces niveaux grâce à leur puissance d'imposition, l'avantage est trop facile à prendre et il est pris au détriment de ceux qui ont moins de puissance de revendication. Avec les employés des collectivités locales, la France compte plusieurs millions de fonctionnaires, soit près de 20% des salariés déclarés dans l'hexagone. En ajoutant les effectifs du secteur public, un tiers des actifs travaillent directement ou indirectement pour l'Etat. 100 Euros donnés à chaque employé dans le secteur public représentent donc 50 Euros en moins pour chacun des autres. Au contraire, si par leur travail productif, les salariés du secteur privé acquièrent 100 Euros brut en plus, avec un impôt de 50 Euros, c'est 50 Euros qui resteront dans les poches des salariés des entreprises, des commerçants et des artisans. Multiplié par deux tiers d'actifs appartenant au secteur privé, c'est tout de même 100 Euros d'impôts qui iront à chaque individu appartenant au tiers du secteur public. Eux même payant 50 Euros d'impôt, recevront 50 Euros et tout le monde sera content. Cette démonstration par l'absurde suit une logique implacable : c'est le privé et le secteur productif qui contribue au développement du service public et non l'inverse ! Malgré la logique, de nombreux extrémistes voudraient prouver le contraire ! Obtenir la paix plutôt que la justice, satisfaire les forts plutôt qu'aider les faibles, c'est en définitive le résultat obtenu par les syndicats même si ce n'est pas leur intention d'origine. A t-on vu des syndiqués de l'éducation nationale se mettre en grève pour exiger le maintient du pouvoir d'achat des vendeuses de prêt à porter ?... Lorsque la deuxième moitié de la France ne voudra plus ou ne pourra plus supporter les charges qui pèsent sur elle, les relations seront pour le moins tendues... Pour éviter de couper la France en deux, il est indispensable de mettre en oeuvre tous les moyens nécessaires au rétablissement de l'équilibre. Ces moyens passent essentiellement par la concertation et la compréhension des problèmes macro et micro économiques. Pour l'heure, l'absence d'assimilation des concepts économiques de base provoque des suspicions et des conflits. Certains patrons ont la "hantise" des syndicats et certains syndicalistes ont la "hantises" des patrons. Les patrons et les syndicats "bornés" sont minoritaires mais brisent toutes possibilité de compromis et de progrès économique et social. Comment limiter les excès ? Face aux débordements et aux injustices sociales, une solution existe et s'énonce simplement : il suffit de créer dans chaque département un jury populaire pour régler les conflits; un jury représentant la population dans son ensemble; un jury de français moyens nommés de façon aléatoire et qui serait selon les lois du hasard composé de cadres, d'ouvriers, de fonctionnaires, d'usagers, de chômeurs, de mères de familles, de retraités etc...Un jury qui ne serait pas uniquement représenté par des professionnels des relations employeurs-employés. Pourquoi ? Parce qu'une grève des services publics et des grandes entreprises n'implique pas uniquement les employés et les employeurs. Etant une représentation populaire, le jury pourrait alors décider et imposer ce qui lui semble juste en fonction du lieu, du moment et des circonstances. Ses décisions auront alors toutes les chances d'être crédibles parce qu'il aura une vision externe du problème posé et qu'il l'analysera lucidement, sans passions avec l'aide des professionnels compétents si nécessaire. Le jury de grève pourrait alors imposer une revendication légitime à l'encontre des exploiteurs du peuple. A l'inverse, un jury populaire pourrait décider une interdiction de grève pour toute revendication jugée, par la majorité, comme anormale ou injustifiée. Dans le cas d'un conflit d'ampleur national, le jury de grève pourrait être remplacé par un référendum télématique qui impliquerait un plus grand nombre de consultats et de votant et qui permettrait d'éviter tout conflit sans foi ni loi. Pour une partie du corps syndical un tel jugement a des chances d'être perçu comme une suppression déguisée du droit de grève. Une opinion soutenue surtout par les dirigeants syndicaux qui verraient là s'envoler une part importante de leur pouvoir et de leur raison d'être. POurtant quoi de plus démocratique et populaire qu'un jury représentatif indépendant ou qu'un référendum... Parallèlement, les salariés des petites entreprises trouveraient dans le jury de grève, les moyens nécessaires pour faire valoir leurs droits auprès des chefs d'entreprises qui les exploitent.
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Si notre avenir économique s'avère sombre à moyen terme (voir le site